Le 13 avril 2026, le Tribunal des Activités Économiques de Marseille a validé la cession du groupe JOTT au profit de la société AMONISS, lors d’une audience tenue le 27 mars 2026. Le groupe JOTT, dont le siège est établi à Marseille, conçoit et distribue des vêtements de prêt-à-porter sous la marque JOTT — acronyme de Just Over The Top. Cette opération permet le maintien de 161 emplois, ainsi que la continuité de l’activité.
Son produit emblématique est une doudoune en duvet ultra-légère et compactable, déclinée dans une large palette de coloris, autour de laquelle la marque a bâti sa notoriété depuis sa création. L’offre s’est progressivement étendue à d’autres catégories de vêtements urbains et sportswear pour femme, homme et enfant : parkas, vestes, imperméables et coupe-vents.
L’activité du groupe JOTT est portée par plusieurs entités — JOTT France, JOTT OPERATIONS, JOTT MARKET & DISTRIBUTION, JOTT DIGITAL et JAGUAR BIDCO — et repose sur un modèle de distribution combinant boutiques en propre, réseau de franchisés, ventes en gros (wholesale) et canal e-commerce, complété par une présence à l’international.
La procédure collective a été ouverte sur requête du Ministère public, la situation de trésorerie du groupe laissait, à l’ouverture, une visibilité limitée à environ un mois.
Un abondement des actionnaires a permis d’assurer le besoin de trésorerie pendant la période d’observation. Cette injection, combinée à une sur-performance conjoncturelle des magasins, a permis au groupe de disposer du temps nécessaire afin d’organiser un appel d’offres.
La SCP AJILINK AVAZERI-BONETTO, dont la mission a été conduite par Maître Frédéric AVAZERI, a été désignée co-administrateur judiciaire aux côtés de la SARL HORIZON AJ, représentée par Maître Johanna FABRE. Dès leur désignation, les co-administrateurs judiciaires ont piloté la stabilisation de la trésorerie, la sécurisation de l’exploitation et l’organisation d’un appel d’offres élargi.
Au total, dix-sept offres de reprise ont été déposées au greffe. Quatre candidats ont soutenu leur proposition à la barre : AMONISS, BCR-I HOLDING, K-WAY et la société MARS. Les treize autres offres ont été écartées, leurs auteurs n’ayant pas été présents à l’audience pour les défendre.
Les co-administrateurs judiciaires ont conduit une analyse comparative des offres au regard des trois critères légaux de l’article L. 642-1 du Code de commerce : le maintien d’activités susceptibles d’exploitation autonome, le maintien de tout ou partie des emplois attachés à ces activités, et l’apurement du passif. Un travail spécifique a été mené sur le traitement des stocks, notamment gagés, afin d’éclairer le tribunal sur les conséquences économiques de chaque scénario.
Le Tribunal des Activités Économiques de Marseille a ordonné la cession du groupe JOTT à la société AMONISS. Les offres présentées par K-WAY, MARS et BCR-I HOLDING ont été rejetées en raison de périmètres de reprise jugés trop restreints.
La juridiction a retenu plusieurs éléments en faveur du candidat AMONISS. Celui-ci dispose d’une surface financière solide, avec un chiffre d’affaires de 214 millions d’euros en 2025 et plus de 1 100 collaborateurs au sein de son groupe, qui détient notamment plusieurs enseignes du prêt-à-porter. Le repreneur a présenté une stratégie opérationnelle immédiatement exécutoire, articulée autour du recentrage sur les produits iconiques, du rééquilibrage des canaux de distribution et de synergies de structure documentées par son expérience antérieure.
AMONISS s’est engagé à maintenir le siège social du groupe JOTT à Marseille, à reprendre l’intégralité des stocks, y compris ceux des affiliés et des filiales étrangères, et à se positionner pour la reprise de huit boutiques à l’étranger dans le cadre des procédures à venir. Trente solutions de reclassement au sein du groupe seront proposées aux salariés dont le contrat de travail n’est pas repris.
Frédéric Avazeri est Administrateur Judiciaire depuis 2005. Diplômé d’une maîtrise de droit des Affaires de l’Université d’Aix-Marseille en 1990, Frédéric Avazeri débute sa carrière au sein du service juridique d’une banque marseillaise. Il rejoint l’étude d’Emmanuel Douhaire en 1993 en tant que collaborateur, avant d’occuper le poste de directeur du département restructuring du cabinet d’audit […]